[ Accueil ] [ Ex Pays Socialiste ] [ Ex U.R.S.S ] [ Ukraine ] [ Autres Pays Socialistes ]
 

À propos du décès de Boris Eltsine

UN CONCURRENT SERIEUX POUR JUDAS

DANS LE DERNIER CERCLE DE L’ENFER !

 

Dans la « divine Comédie », Dante décrit le supplice raffiné réservé à Judas par le Père éternel: prisonnier du dernier Cercle de l’Enfer, le poids entier de la Création pesant sur sa poitrine, l’apôtre renégat est inlassablement pétri et broyé dans les mâchoires du Diable : car de tous les criminels, le traître est le plus méprisable et le plus impardonnable. Mais ce châtiment paraît somme toute bien dur pour Judas Iscariote, car après avoir vendu Jésus, Judas pris de remords se serait, paraît-il, pendu…

 

Rien à attendre de tel de Boris Eltsine : ce personnage brutal, jouisseur et sans scrupule, a trahi l’URSS et le PCUS dont il était l’un des chefs. Et il a longuement prémédité son crime : son livre Jusqu’au bout, publié en 89, se concluait en forme de clin d’œil peu discret à l’Occident, sur les mots « propriété privée » ! Ainsi, l’ex- hiérarque brejnevien connu pour sa morgue et sa brutalité, fut-il le bras droit de Gorbatchev avant de devenir son principal concurrent de droite (bien que le perfide Gorby l’ait constamment présenté comme le chef de file de la « gauche radicale », tout en présentant les défenseurs du socialisme comme des « conservateurs » !). A la faveur de la situation confuse d’août 91, Eltsine s’empara du pouvoir de manière anticonstitutionnelle… et le premier acte de ce grand « démocrate » fut d’interdire le PCUS dont il était encore membre un an plus tôt…

 

Quelques mois plus tard, avec le feu vert de Gorby, Eltsine et ses homologues biélorusse et ukrainien décidaient de dissoudre l’URSS… Cette décision violait grossièrement la Constitution soviétique et le vœu souverain émis par 75% des Soviétiques, qui s’étaient prononcés par référendum (en 1990) pour le maintien de l’URSS. C’est ce qu’à l’ouest on appelle la « transition démocratique »…

 

Sitôt son pouvoir consolidé, le Sarkozy russe lança sa « thérapie de choc » ultra-libérale sous la tutelle des « conseillers » économiques dépêchés par Washington. La grande industrie soviétique, héritage commun de tous les citoyens, fut bradé à une nomenklatura de renégats qui, par le crime et la corruption, devint immensé-ment riche. Cette caste d’ « oligarques » et de « nouveaux Russes » compradores s’est aussitôt signalée par sa violence antisociale, sa mainmise sanglante sur les médias, son dépeçage goulu des acquis sociaux de l’époque soviétique, sa servilité sans limites envers les USA, son flirt déclaré avec la mafia, ses références appuyées au tsar et à la Russie blanche… le tout sous l’œil bienveillant de la très réactionnaire église orthodoxe, qui eut alors fort à faire pour baptiser à la chaîne les Eltsine, Chevarnadzé et autres « convertis » du dollar et du goupillon.

 

Pendant que l’économie russe plongeait pour deux décennies, pendant que la démographie du pays devenait… négative, pendant que le taux de suicide explosait dans le pays, pendant que des centaines de milliers de nouveaux pauvres sans travail ni secours périssaient de faim et de froid à chaque hiver russe, la tribu Eltsine, en particulier la digne fille de ce personnage, étalait le luxe insolent et hideux des parvenus.

 

Cela ne pouvait aller sans secousses sociales : en 93, les députés patriotes du Parlement russe (qui avait eu la naïveté en 89 de porter Eltsine à sa présidence) passèrent à l’opposition, privant le régime contre-révolu-tionnaire de sa façade démocratique. Qu’à cela ne tienne : entre deux « cuites », le tsar Boris fit canonner le parlement dans l’indifférence des médias « démocratiques » d’Occident : des milliers de résistants au nouveau régime mafieux périrent dans le massacre !

 

Très vite, le « nationalisme » russe, qui avait servi de paravent idéologique à la contre-révolution, révéla sa vraie nature: c’est sous Eltsine que la Russie s’est peu à peu trouvée encerclée d’un réseau de bases américaines (en Asie centrale) et que les ex-pays socialistes de l’Est adhérèrent à l’U.E. puis à l’OTAN ; au point que le territoire russe est aujourd’hui encerclé par les impérialismes ouest-européen et américain qui n’ont de cesse (pays baltes, républiques du Caucase, Ukraine, Biélorussie…) d’isoler la Russie en attendant de pouvoir s’en partager les immenses richesses minières.

 

Pour sauver leur homme-lige, condamné à une mort précoce par son goût immodéré pour l’alcool, les dirigeants US n’ont pas lésiné : dépêchés à Moscou, les meilleurs cardiologues américains réussirent sur ce mort-vivant un quintuple pontage de haute école qui permit au régime contre-révolutionnaire de passer le cap au moment où il était le plus discrédité dans la population. Mais Eltsine, aussi méprisé des travailleurs russes que l’est désormais Walesa dans ce qui reste de la classe ouvrière polonaise, ne pouvait se maintenir éternellement en place. C’est alors que Poutine, l’homme des services secrets (qui ont joué un rôle majeur dans la contre-révolution, notamment en août 91) est sorti de l’ombre pour prendre le relais de la restauration capitaliste, tout en ayant l’habileté de récupérer les symboles les plus significatifs de l’URSS, ardemment regrettée par les ouvriers et les kolkhoziens : car ceux qui ont connu le socialisme sont à même de comparer leur misérable vie actuelle à celle qu’ils vivaient, sans faste mais sans peur du lendemain, sous l’ « odieux » régime soviétique.

 

Aujourd'hui, tout ce que le monde « libre » compte de réactionnaires, de profiteurs et d'intellectuels stipendiés, rend un hommage hypocrite à Eltsine, ce politicien sorti des cloaques de l’histoire, pendant que les mêmes individus s’acharnent sur Fidel et sur Chavez, ces relayeurs de l’avenir. Dis-moi pour qui tu feins de pleurer, je te dirai qui tu es ! Bien entendu, le Tartuffe en chef Gorby est aux premiers rangs pour encenser son vieux rival et complice en félonie. Ce Judas de haut vol mourra-t-il lui aussi dans son lit avant d’avoir été condamné à l’indignité nationale par les peuples soviétiques rendus à leur antique fierté ?

 

Si l’enfer orthodoxe existe, prions son dieu barbu d'accorder une perm’ à Judas pour faire place à Boris en attendant Gorby: l’Eternel devrait aussi penser aux conditions de travail de Lucifer, rapidement promis à la cirrhose s’il doit éternellement mâchouiller un tel « client »…

Georges Gastaud

 

 

« Staline, le tyran rouge » :

Un nouveau croquemitaine pour effrayer les jeunes.

 

Mardi 13 mars, M6 diffusait, un documentaire sur Staline. La caution de l’Education Nationale, signalée au générique, pouvait laisser espérer un travail authentiquement historique. Il n’en est rien.

Non seulement le commentaire reprend le discours de la vulgate anticommuniste officielle depuis Le livre noir de Courtois et consorts, affirmant sans sourciller que la construction du socialisme a fait 20 millions de morts en Russie soviétique, puis en URSS – la principale manipulation en la matière concernant les famines déclenchées en Ukraine par la résistance des koulaks qui préférèrent abattre leur bétail et en laisser pourrir les carcasses, plutôt que de le livrer aux comités de réquisition chargés de répartir la nourriture dans la population : les résultats désastreux de cette tactique de la terre brûlée est mis sur le compte des « crises du communisme », comme si les bolcheviks avaient volontairement provoqué une catastrophe alimentaire dans le grenier à blé du pays qu’ils dirigeaient ! Bientôt, passant des théories de Courtois à celles de Robert Conquest, on nous expliquera que Staline est aussi responsable des morts de la seconde guerre mondiale parce que si l’URSS n’avait pas existé, la peur du rouge n’aurait pas fait glisser l’Allemagne vers le nazisme !

Le sérieux du travail historique de ce documentaire peut d’ailleurs se mesurer à la fin du film, où l’on prétend montrer que Staline était antisémite ! On signale qu’il s’est brouillé avec sa fille parce qu’il désapprouvait son mariage, puis on précise que le mari en question était juif. Rien ne permet d’affirmer que la brouille avec Staline a eu lieu parce que son gendre était juif, mais le procédé invite nettement le spectateur à l’induire. De même lorsqu’on note que beaucoup de prisonniers des camps de détention étaient juifs. « Beaucoup » ? Dans quelle proportion ? Une politique de discrimination aurait abouti à une surreprésentation des Juifs dans la population carcérale. Et les motifs d’incarcération nous donnerait des indication concernant le caractère antisémite des procès. Le documentaire reste muet là-dessus, et pour cause.. De même qu’il ne signale pas que plusieurs hommes importants du régime étaient juifs…

Le but de ce film, et des responsable de l’Education Nationale qui le cautionne, n’est donc pas historique, mais purement politique. Il s’agit de bien enfoncer dans le crâne des collégiens et lycéens de ce pays - déjà bien préparé par des manuels scolaires où le parallèle communisme-nazisme est de mise – que le communisme est essentiellement criminel, et que toute critique radicale du capitalisme ne peut qu’amener les pires horreurs. Ainsi, l’idéologie néolibérale pourrait s’imposer sans coup férir pendant des décennies, les jeunes ballottés entre le chômage et les emplois précaires et sous-payés se disant qu’ils ont quand même de la chance de vivre libres, dans une belle démocratie où ils ont le droit de choisir entre le fascisme dur et le fascisme mou, entre l’Europe et l’Europe, au lieu de croupir au goulag.

Récemment, Alessandra Mussolini, petite-fille du Duce, député européenne, a déposé au Parlement de Strasbourg un projet de loi interdisant les partis communistes en Europe. De tels documentaires sont de nature à lui fournir des soutiens massifs. Mais M6 et le ministère de l’Education Nationale trouveront bien le moyen de montrer aux élèves des reportages prouvant que, si le fascisme progresse partout en Europe depuis des années, c’est encore la faute aux rouges…           

 

******

"Staline, le tyran rouge", M6

 

A nouveau nos "libres" médias aux mains du grand capital se livrent au bourrage de crâne anticommuniste et antisoviétique. sous le titre "Staline, le tyran rouge", M6 se prépare, si l'on se fie aux bandes annonces et au titre de l'émission, à livrer un document où l'exagération, la caricature, le manichéisme et l'ignorance délibérée du contexte historique sont bien partis pour l'emporter sur le débat scientifique. Bien entendu l'inévitable procureur Nicolas Werth, spécialisé dans l'anticommunisme avec son maître Courtois, servira de caution universitaire à l'entreprise. Bien entendu, pour dénoncer le "totalitarisme rouge", il n'y aura qu'un seul point de vue représenté... et aucun contradicteur, vive le "pluralisme"! Bien entendu, l'URSS, qui nous a délivrés du nazisme au prix d'immenses sacrifices, et qui pendant 70 ans a permis au camp du travail de tenir tête au capital sur la scène mondiale, sera de nouveau diabolisée...  Le CISC réagira à cette émission après l'avoir dûment visionnée car qui sait, comme il se doit et si l'émission comporte par extraordinaire des aspects instructifs, nous le signalerons objectivement. Nous proposons aux visiteurs de ce site de nous faire part de leurs réactions, nous les transmettrons éventuellement à la direction de la chaîne et au CSA avec nos propres commentaires en réclamant qu'une véritable émission historique, donnant également la parole aux amis de la Révolution d'Octobre, soit enfin organisée sur les grandes chaînes audiovisuelles nationales. Nous ne réclamons aucune idéalisation du passé soviétique, seulement une approche objective, tenant compte de tous les faits, du contexte, ne grossissant pas démesurément les faits de répression tout en ignorant les apports indéniables de l'URSS à la défense de la paix, à la cause du socialisme, du progrès social, de l'antifascisme et de l'émancipation sociale et nationale dans le monde. 

 

À l’attention de M. Hubert Tison, directeur de la rédaction et rédacteur en chef de la revue Historiens et Géographes et de M. Robert Marconis, président de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie de l’enseignement public (APHG), par Annie Lacroix-Riz

 

Chers collègues,

Je suis informée aujourd'hui par un collègue de l’enseignement secondaire, agrégé d’histoire, M. Weiser (que je remercie vivement de son initiative), du soutien apporté ès qualités par l’APHG (Association des professeurs d’histoire et de géographie de l’enseignement public), et, selon sa section d’Aix-Marseille, par « la rédaction d’Historiens et Géographes », à une production télévisée non encore diffusée. Après lecture de la pièce concernée, la diffusion par WWW.aphgAixMarseille.com d’une publicité intitulée « Documentaire pédagogique de M6 à destination des collégiens et des lycéens » (que vous trouverez reproduite ci-dessous), je constate avec stupeur que :

 

1° l’APHG a été dotée du privilège de visionner, avant la masse des spectateurs français, un « documentaire » de M6 intitulé « Staline, le tyran rouge », titre accrocheur qui semble augurer du même sérieux qu’une production antérieure, « Hitler, la folie d’un homme », dont l’intitulé constitue à soi seul un aveu de manque de sérieux scientifique. Je remercie l’association de faire savoir aux professeurs d’histoire et de géographie de l’enseignement public à quel titre elle a reçu ledit privilège de cette chaîne de télévision privée.

 

2° l’APHG accepte que son label et sa réputation auprès des collègues servent de relais publicitaire à une chaîne de télévision qui n’a pas habitué les élèves et étudiants des membres de l’association à des spectacles de nature à informer et éduquer la population française, qu’il s'agisse d’histoire ou de « télé-réalité » - information et éducation qui constituent, au moins en partie, la mission de notre profession.

 

3° l’APHG donne sa caution, quasi complète, à cette émission, en dépit de la légère réserve finale destinée à sauver son honorabilité : « Bien sûr les réalisateurs ont fait des choix. Le documentaire ne dit pas tout. Le professeur doit remettre en perspective et compléter, expliquer, et initier les élèves à la critique de l’image ». C’est bien le moins que l’APHG reconnaisse au professeur d’histoire « de l’enseignement public » le droit ou le devoir de compléter l’enseignement de base dispensé par une chaîne privée de télévision. Concernant les bases « scientifiques » sur lesquelles le malheureux « professeur » pourra se livrer à cet examen « critique » a posteriori, vous lirez au point suivant mes remarques sur les références bibliographiques que vous fournissez aux collègues, pour la tâche à eux assignée après diffusion du « documentaire » colorisé.

 

4° l’APHG, au rebours de toutes les traditions de l’université relatives à la « disputatio » ou au débat scientifique, accentue encore cet appui par la référence à deux des travaux de M. Nicolas Werth, qui a déjà dispensé ses « conseils historiques » au « documentaire » réalisé par Mathieu Schwartz et Serge de Sampigny, et monté par Yves Deleumandre.

Je rappelle que Nicolas Werth, Directeur de Recherches au CNRS, a vu sa notoriété portée aux cimes par sa large participation à un ouvrage qui, sur le plan scientifique, a confirmé la « soviétologie » française  en lanterne rouge de l’historiographie internationale : du Livre noir du communisme (Paris, Robert Laffont, 1997) réalisé sous l'égide de Stéphane Courtois, M. Werth a en effet fourni la partie présumée scientifique. Il s’est agi en réalité d’une opération politique et idéologique de grande envergure, à l’échelle tant de la France que de l’Europe unifiée. Cette opération éditoriale a donné l’élan décisif à l’assimilation entre nazisme et communisme qui peuple aujourd'hui les manuels scolaires (est-ce avec la caution scientifique de l’APHG?). Dans l’Europe unifiée comptant désormais nombre de pays d’Europe orientale supposés avoir acquis la liberté grâce à l’effondrement de l’abominable Union Soviétique, l’opération a abouti à ce que, malgré l’identité proclamée entre nazisme et communisme, les groupements communistes sont aujourd'hui pourchassés et interdits, tandis que les héritiers des bourreaux nazis et des collaborationnistes de la période 1939-1945 sont dotés de statues, places, etc., et érigés en héros de manuels scolaires ayant servi la liberté des peuples contre la barbarie soviétique. Un des derniers hauts faits de ces hérauts de la liberté s’est déroulé en Roumanie « démocratique », avec la récente réhabilitation « partielle », par la « cour d'appel de Bucarest », du dictateur nazi Ion Antonescu, chef des Gardes de fer, boucher hitlérien, tortionnaire et massacreur de juifs passé par les armes le 1er juin 1946 sur décision de la justice de son pays, événement rapporté par un historien américain, Radu Ioanid, dans le Monde du 2 mars 2007. Je signale en outre que M. Courtois, le maître d’œuvre du Livre noir du communisme, se fait aujourd'hui, entre autres tâches médiatiques, une spécialité de diffuser en tous lieux la bonne parole des organisations « ukrainiennes » : lesquelles se sont illustrées le 25 mai 2006 en rendant un hommage solennel sous l’Arc de Triomphe au pogromiste ukrainien Petlioura, outrage qui a valu auxdites organisations l’ire de la LICRA, organisation juive née de la défense de Samuel Schwarzbard, jeune juif ukrainien émigré à Paris qui y avait tué Petlioura en 1926.

 

L’APHG peut-elle expliquer pourquoi son soutien enthousiaste au documentaire réalisé sur les « conseils historiques » de M. Werth est doublé d’une publicité exclusive en faveur du même chercheur ? On imagine dès lors comment le professeur, convaincu des mérites de M. Werth à la fois par M6 et par l’APHG, pourra « remettre en perspective et compléter, expliquer, et initier les élèves à la critique de l’image » mise en forme sur les « conseils » de M. Werth.

 

Les collègues ignoreront donc que les travaux de M. Werth, devenu l’idole des manuels scolaires et universitaires, entrent en contradiction absolue avec nombre de ceux qui, dans le monde, font autorité. J’en citerai peu. L’un a été rédigé par son père, le remarquable journaliste anglais Alexander Werth, qui a passé en URSS les années de guerre d’extermination allemande contre ce pays, et en a tiré le gros ouvrage La Russie en guerre, Paris, Stock, 1964, 2 vol. Cette étude de journaliste demeure une des meilleures observations de la guerre en URSS et du soutien massif qu’a recueilli de sa population le « tyran rouge » dont Nicolas Werth décrit en tous lieux « la guerre contre son peuple ». Un des derniers livres universitaires en date, paru en octobre 2006 (donc, qui ne figure pas encore dans l’ensemble es bibliographies) confirme le sérieux du témoignage de 1964 : il a été rédigé par un des plus importants spécialistes internationaux de la politique extérieure soviétique des années trente à 1953, Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars: From World War to Cold War, 1939-1953. New Haven & London: Yale University Press, 2006.

 

Sur l’histoire intérieure de l’URSS, « la famine en Ukraine » - pour ne citer que cet aspect sur lequel M6 va nous faire frémir, l’APHG nous l’annonce - est traitée par nombre de spécialistes mondiaux dans des termes absolument antagoniques avec les méthodes et les conclusions de M. Werth. On citera notamment les travaux de Douglas Tottle, Fraud, Famine and Fascism. The Ukrainian Genocide Myth from Hitler to Harvard, Toronto, Progress Book,1987 (photographe de formation qui a démontré, entre autres, que la campagne de presse germanique des années trente sur « la famine en Ukraine » a été alimentée par les photographies de celle de 1921-1922), et, plus récemment, ceux de spécialistes d’histoire sociale : Mark B. Tauger dont la plupart des articles et ouvrages sont téléchargeables (http://www.as.wvu.edu/history/Faculty/Tauger/soviet.htm) et R.W. Davies and S.G. Wheatcroft, The Years of Hunger: Soviet Agriculture, 1931-1933, New York, Palgrave Macmillan, 2004 (travaux catégoriques sur le caractère non volontaire et non génocidaire de la famine ou grave disette, non limitée à l’Ukraine, qu’a connue une partie de l’Union Soviétique en 1932-1933).

 

Le fait qu’il n’existe que peu de travaux en français illustre l’état pitoyable auquel est réduit la « soviétologie » française : un historien français se met en péril s’il ne partage pas les vues de M.M. Nicolas Werth et Stéphane Courtois, comme je l’ai fait observer L’histoire contemporaine sous influence, Pantin, Le Temps des cerises, 2004. Il existe cependant un ouvrage traduit en français qui eût pu équilibrer la thèse du « tyran rouge » et qui porte en partie, malgré son titre, sur la période stalinienne, celui d’Arno Mayer, Les Furies, terreur, vengeance et violence, 1789, 1917, Fayard, Paris, 2002. L’APHG n’a cependant pas cru bon non plus de mentionner ce travail comparatif éclairant du grand historien américain, pourfendeur de la « soviétologie » de l’ancienne gauche radicale française qui a acquis « droit de cité dans les salons des VIe et VIIe arrondissements » en abjurant tapageusement le péché original de son appui à la révolution bolchevique (et à l’extrême gauche ici même) et en pratiquant « l’analogie entre Robespierre, Rousseau et la Grande Terreur d'une part, et Lénine/Staline, Marx et le goulag de l’autre » (op. cit., p. 10-11).

 

5° l’APHG donne dans la surenchère antisoviétique et antistalinienne même par rapport à l’hebdomadaire culturel et de télévision Télérama. Ce magazine critique systématiquement les régimes qui ont aboli ou menacent d’abolir la propriété des grands moyens de production et d’échange (URSS, Chine, Cuba, Vietnam, Corée du Nord, etc., et désormais Venezuela du « tyran » Chavez). Le journaliste rendant compte du documentaire qui a émerveillé l’association considère cependant que « “Staline pour les nuls” pourrait être le sous-titre de cette biographie du “petit père des peuples”, nouvelle incursion de M6 dans le champ du documentaire historique ». Vous trouverez ci-après le commentaire intégral de François Ekchajzer de Télérama dans son n° 2982 du 7 mars 2007, p. 110 (transcription fournie par M. Weiser) :

 

« Staline, le tyran rouge

Documentaire de Mathieu Schwartz, Serge de Sampigny et Yvan Demeulandre (France, 2007). 100 mn. Inédit.

 « Staline pour les nuls » pourrait être le sous-titre de cette biographie du « petit père des peuples », nouvelle incursion de M6 dans le champ du documentaire historique. Réalisé à base d’archives en couleurs ou colorisées (première partie de soirée oblige), ce programme destiné à un large public pousse l’exigence de simplicité jusqu’à réduire l’histoire du stalinisme à la folie d’un homme, négligeant le contexte dans lequel son régime s’instaura, comme les circonstances de l’exercice de son pouvoir.

Soucieux de nous convaincre de la barbarie du stalinisme, les auteurs usent de procédés pour le moins accrocheurs. C’est le cas dès le prégénérique, qui confronte une image de Maurice Thorez exprimant son « amour ardent » pour Staline à la réalité chiffrée des méfaits du tyran : 1 million d’exécutions, 18 millions de prisonniers… Des chiffres qui s’inscrivent à l’écran pour marquer nos esprits, comme se gravent dans nos oreilles quelques formules assassines du « petit père des peuples ». Le reste est à l’avenant. Bruitage à tout-va des archives, musique omniprésente et commentaire emphatique, concourent à l’hyperdramatisation de ce documentaire, dont la vertu essentielle est de parler d’histoire sur une chaîne et à un horaire habituellement dédiés au divertissement.

François Ekchajzer ».

 

Pouvez-vous expliquer, chers collègues, aux « professeurs d’histoire et de géographie de l’enseignement public » pourquoi vous engagez la revue Historiens et Géographes et l’association en leur nom dans la promotion militante d’une production que même Télérama qualifie de « Staline pour les nuls ». Je me permets d’espérer que mes collègues membres de votre association solliciteront de votre revue - et de l’association qui les représente - un comportement plus conforme à la déontologie universitaire.

 

Bien cordialement,

 

Annie Lacroix-Riz

*****

 


 

DANS LA RUSSIE DE POUTINE

 

(Traduction de l’article de John FOSTER, 'Morning Star' du mardi 21 novembre 2006)

 

 

Le communiste russe SLAVA TETEKINE explique que le gouvernement de Vladimir POUTINE n'apporte rien au peuple.

 

Des sondages d'opinion en Russie juste avant l'anniversaire de la Révolution d'Octobre indiquent que plus de 60 pour cent de la population voient positivement les acquis de la révolution.

 

Seuls 20 % étaient d'opinion contraire. Pour la classe ouvrière, l'ère post-soviétique a été  désastreuse. Après deux décennies de capitalisme débridé le PNB a baissé de 10 % depuis le renoncement à la planification socialiste. 30 % des habitants vivent dans la pauvreté totale.

 

50 % se sont appauvris depuis la fin de l'URSS, devant faire face à des loyers et des coûts énergétiques en augmentation constante, des services publics en décrépitude,  des salaires en baisse et un chômage croissant. Seuls 10 % n'ont rien perdu au change tandis que 2 % font partie des super-riches.

 

Il reste cependant un gros réservoir de soutien au socialisme, qui s'est traduit cette dernière année par un virage à gauche de la vie politique. Lors des récentes élections  à la Douma, le candidat communiste pour l'île de Sakhaline, célèbre pour ses ressources pétrolières, a reçu 41 % des voix, contre 30 % pour le parti au pouvoir. Même à Moscou, dominée par les super-riches qui contrôlent les banques et les industries des services, les communistes ont obtenu 17,5 % des voix, malgré le monopole exercé par Poutine sur les mass media.

 

*****

 

Ci-dessous panégyrique de l’APHG (WWW.aphgAixMarseille), envoyé à M. Weiser et communiqué par ce dernier :

Staline , le tyran rouge un documentaire de la chaine M6

Documentaire pédagogique de M6 à destination des collégiens et des lycéens

Nous attirons l’attention des adhérents de l’APHG, des lecteurs de la revue Historiens et Géographes sur la projection d’un nouveau documentaire en couleurs qui va sortir le mardi 13 mars à 20h50 sur M6

Après les documentaires sur Hitler, la folie d’un homme et Quand l’Algérie était française , M6 sort ce nouveau documentaire sur Staline , le tyran rouge . Réalisé par Mathieu Schwartz et Serge de Sampigny et Yves Deleumandre pour le montage, il a bénéficié desconseils historiques de Nicolas Werth, Directeur de Recherches au CNRS

Comment Staline a t-il conquis le pouvoir, comment est-il devenu un dictateur impitoyable comment a t’il dirigé d’une main de fer son pays (planification , collectivisation des terres , industrialisation à outrance) ? Pourquoi a-t-il éliminé ses amis comme ses opposants ? Le documentaire essaie de répondre à ces questions et de cerner la personnalité d’un tyran qui a causé en 30 ans la mort de millions de personnes. La famine d’Ukraine en est un exemple tragique.

Pour contourner la difficulté des films de la propagande stalinienne, les réalisateurs ont consulté plusieurs centaines de sujets d’archives émanant de 15 sources différentes, notamment à Moscou. Ils ont pu photographier quelques documents terribles auprès d’associations pour la mémoire des victimes du stalinisme. Beaucoup de ces images sont inédites.

Le documentaire est un récit historique réalisé à partir d’archives (Les deux tiers des images ont été colorisées pour rendre selon les réalisateurs le sujet plus accessible et plus réaliste). Aucune interview n’a été réalisée pour privilégier les documents d’époque : cahiers intimes photos, lettres. Les citations des protagonistes sont lues par des comédiens qui ont été colorisées pour les rendre plus accessibles à un grand public. Ajoutons que des cartes permettent de mesurer les évolutions territoriales de l’URSS, de situer par exemple les camps d’emprisonnement.

La revue Historiens et Géographes qui a vu le documentaire, le recommande, c’est un excellent support aux cours sur l’histoire de l’URSS en 3 ème, en 1ère et en Terminale. Il est libre de droits et peut donc être enregistré le jour de sa programmation le mardi 13 mars. et utilisé par la suite en classe sans aucun problème .Il dure plus d’une heure, mais il peut être présenté en totalité ou surtout en partie, en séquences par exemple pour analyser la période des procès, l’art de la propagande, la famine d’Ukraine, le travail forcé des opposants ou l’enterrement de Lénine ou Staline pendant la Seconde Guerre. Bien sûr les réalisateurs ont fait des choix Le documentaire ne dit pas tout. Le professeur doit remettre en perspective et compléter, expliquer, et initier les élèves à la critique de l’image.

A lire Nicolas Werth La terreur et le désarroi

Staline et son système, Perrin, collection Tempus , 2007, une réflexion neuve sur le stalinisme.

 

La rédaction d’Historiens et Géographes

 

 

 

******

Annie Lacroix Riz et le Canard Enchainé

Cher Canard,

On vous connaît pour la qualité de vos informations, qui vous rend lisible et même agréable à lire par des personnes d’appartenance politique et idéologique très diverse. Tel courant de lecteurs (dont je fais partie) supporte votre antibolchevisme d'origine (qui n’a pas attendu Staline), qu’après tout il connaît – et qui songerait à vous demander de modifier votre anarchisme droitier... Ledit courant est accoutumé à lire vos propos routiniers sur la dictature cubaine et les horreurs coréennes. Mais il vous sait gré d’avoir parfois et même souvent plus de sympathie pour les humbles que pour les puissants. Et il sait qu’il peut compter sur vous pour observer certaines prudences sur les questions liées à la Deuxième Guerre mondiale. Nul ne saurait par ailleurs vous accuser de complaisance pour les persécuteurs de juifs de naguère, à commencer par Papon.

Vous permettrez donc à l’historienne que je suis, spécialiste des relations internationales qui (sur la base de longues années de consultation d’archives) ne partage pas vos vues habituelles sur l’URSS, et à la petite-fille de déporté assassiné à Auschwitz (lequel eût sans doute apprécié que l’armée rouge pût arriver avant sa saisie pour les marches de la mort) d’exprimer sa stupeur à la lecture d’un article de " P.L. " mettant sur le même plan Eichmann et Staline : le premier remplit les camps d’extermination; nul ne peut (j’y insiste) imputer au second l’extermination des juifs.

Pour l’histoire, que vous prisez grandement, je vous rappelle que ses détracteurs qualifiaient naguère le régime de Staline (et pas seulement de Lénine) de " règne des juifs " - si, si, les officiers de notre État-major général. Vous pourrez lire dans mon livre à paraître dans quelques mois (Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin), un rapport du capitaine Sauzey, retour d’URSS, ricanant en octobre 1936 sur ce royaume des juifs, document puisé dans la série 7 N 3184, SHAT (Service historique de l'armée de terre de Vincennes), et significatif de l’antisémitisme à couper au couteau régnant au plus haut de notre armée à cette époque (et dont vous avez été souvent, en son temps, l’excellent analyste) : ce texte a le mérite de montrer que ces milieux n’ accablaient pas alors le régime soviétique et son chef pour leur antisémitisme mais pour leur sémitophilie (si je puis dire). Les époques se suivent et ne se ressemblent pas toujours.

Je vous signale enfin que les juifs de la couronne de territoires soustraits à la jeune Russie des Soviets par le Reich puis par les Alliés et leur " cordon sanitaire ", juifs fort nombreux (1,5 million), savaient assez qu’il valait mieux vivre avec les bolcheviques qu’avec les Polonais, les Baltes et les Roumains (réalité que les lamentations du jour masquent en martyre des derniers peuples cités). De sorte que ces juifs persécutés de longue date par les antisémites polonais, baltes et roumains, et menacés au surplus d’occupation allemands imminente (si, si, j’ai des sources à votre disposition) accueillirent à bras ouverts (c’est aussi incontestable) les Soviets récupérant à la faveur des circonstances lesdits territoires. Même les plus riches de ces juifs, qui furent lésés par les nationalisations, préféraient perdre leurs biens que la vie – et donc préféraient les Soviétiques aux Allemands. La chose est remarquablement étudiée par un auteur qu’on ne saurait qualifier de " self hating Jew ", Dov Levin, The lesser of two evils : Eastern European Jewry under Soviet rule, 1939-1941, The Jewish Publications Society, Philadelphia-Jérusalem, 1995.

Malheureusement pas traduit en français, cet ouvrage est infiniment plus sérieux que Jan T. Gross, Les voisins. 10 juillet 1941, un massacre de Juifs en Pologne, Fayard, Paris, 2002, qui a eu, lui, les honneurs de la traduction française pour avoir assimilé les pogromistes polonais de 1941 aux... communistes polonais d’après-guerre qui organisèrent des procès contre les premiers. C’est précisément parce qu’il est sérieux et documenté que le premier n’a pas été traduit, subissant le sort de la plupart des travaux de qualité en langue étrangère.

Bref, on ne peut pas, en ce temps d’assimilation sans complexe nazis-communistes, tendance à laquelle vous vous étiez, jusqu'ici, gardé d’ adhérer, et même quand on brocarde tout et n'importe quoi, assimiler Eichmann et Staline. Le Canard enchaîné n'est pas Stéphane Courtois.

Nombre de Français incultes ou intoxiqués, de quelque religion que ce soit, agnostiques ou athées, ne le savent pas ou plus. Mais nombre de vieillards le savent (et il y en a sans doute parmi vos lecteurs). Il est probable que s’il est dans votre personnel des petits-enfants de juifs issus de la région considérée (dont la naissance est en dernière analyse imputable au fait que leurs grands-parents se sont trouvés du bon côté des frontières), ils le savent aussi. Ils ont été sans doute été profondément choqués par cette violation d’un tabou commise par " P.L. " au nom de la défense de la petite-fille de Papon licenciée pour motif familial d’un poste de cabinet. J’espère qu’ ils ont notifié à " P.L. " leur façon de penser et lui ont administré un sérieux " pan sur le bec ".

Une de mes étudiantes, qui vous a lu aujourd'hui, a été aussi horrifiée que moi.

Après Serge Klarsfeld imputant sans rire la semaine dernière sur France-Inter (Le téléphone sonne) le sauvetage des criminels de guerre depuis 1943 par l’Église romaine à son sens de la charité, dans la continuité de son sauvetage des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale (voir mon ouvrage Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, coll. " Références " Histoire, 1996), Le Canard enchaîné assimile Eichmann et Staline...

Où va-t-on s’arrêter?

Vous excuserez la citation de deux de mes travaux, qui n’a pour but que de vous montrer que je sais de quoi je parle. Si je suis la seule à vous écrire, c’est que la situation dans notre pays est encore plus grave que je ne le pense.

Recevez les meilleures pensées, fort émues cependant, d’une abonnée de plusieurs années et lectrice aussi régulière de très longue date.

Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine, université Paris 7

 

***** 

Honneur à Lénine et à la Révolution d’Octobre 17

" motion votée à l'unanimité par l'A.G. du

Comité Internationaliste pour la Solidarité Internationaliste (CISC),

dont le comité de parrainage est présidé par :

  Margot et Erich Honecker (+), Henri Alleg et Mumia Abu-Jamal. "

 

Poutine vient de décider que le mausolée de Lénine serait définitivement fermé le 7 novembre 2005 et que la dépouille mortelle du fondateur de l’Union Soviétique serait extirpée de son tombeau à cette date anniversaire de la Révolution socialiste d’octobre 1917.

Cette attaque contre la mémoire de Lénine et de l'Union soviétique va de pair avec la tentative de substituer à la journée fériée prolétarienne du 7 novembre (anniversaire d'Octobre 1917) une prétendue "journée de la réconciliation" qui sert surtout à réhabiliter l'armée blanche des aristocrates fauteurs de guerre civile et relais de l'intervention impérialiste.

Le débat existe certes, entre communistes et léninistes sur la façon dont la jeune République des soviets décida en 1924 d’honorer la mémoire de Lénine. Mais ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas de savoir s’il était juste ou pas d ‘ériger un mausolée en 1924.

Il s’agit aujourd’hui, pour tous les communistes, pour tous les résistants à la vague contre-révolutionnaire qui déferle sur la planète suite à la destruction du camp socialiste, de s’opposer fermement et sans équivoque à la décision renégate et provocatrice de Poutine, dont le seul but est de provoquer et d’humilier les communistes de l’ex-URSS, les révolutionnaires et les progressistes du monde entier, de bafouer la mémoire et la sépulture du plus grand révolutionnaire du 20ème siècle, d’entacher d’un goût de défaite la date anniversaire d’Octobre, d’accélérer l’offensive du pouvoir russe contre ce qui subsiste des acquis sociaux de l’URSS à l’hure où les travailleurs russes mesurent de mieux en mieux les acquis perdus de l’époque soviétique.

Cette décision de Poutine, célébré par toute la réaction occidentale, est un crime contre la nation russe car elle sépare ce pays de ses alliés naturels à l’étranger au moment ou l’Europe capitaliste et l’impérialiste US encerclent politiquement et militairement la Russie pour s’en partager les richesses.

Le CISC (ex comité Honecker) invite donc l’ensemble des organisations communistes et progressistes à réagir ensemble le 7 novembre pour s’opposer à cet acte barbare et négationniste et défendre l’héritage d’Octobre en lien avec les luttes actuelles

HONNEUR A LENINE !

SOLIDARITE INTERNATIONALISTE DE TOUS LES RESISTANTS A LA REMONDIALISATION DU CAPITALISME EXPLOITEUR !

 

France

40 / 50 boulevard Lannes 75116 Paris

tel : 01.45.04.05.50 fax : 01.45.53.68.56 ou 01 45 04 17 05

E-Mail : ambrus@wanadoo.fr 

BELGIQUE

66.             avenue de fre 1180 Bruxelles / Brussels

tel : (02) 373.35.69, 374.34.06

SUISSE

Brunaderrein 37, 3006 Berne

Case postale 3000 Berne 15

Tel : (031) 362.05.66 ou 031.352.64.65

Fax : 031.352.55.95


Ambassade de Russie en Allemagne 


Embassy of the Russian Federation in Berlin, Germany


http://www.russische-botschaft.de

CANADA

285 , Sharlotta Street, Ottawa .

tel : (613) 235.43.41

CONSULAT GENERAL A MONTREAL

tel : 3655 rue du musée, Montreal

tel : (514) 843.59.01

 

TUNISIE

Adresse: 4, Rue des Bergamotes, B.P. 48, El Manar I, Tunis 2092

Tél.: (+216) 71-882-446 / (+216) 71-882-458

Fax: (+216) 71-882-478

E-mail: russie@emb_rus.intl.tn / ambrustn@mail.ru

 

Ambassade de Russie au JAPON

http://www.embassy-avenue.jp/russia/index.htm


Ambassade de Russie aux Etats-Unis

Embassy of the Russian Federation in Washington, United States of America

http://www.russianembassy.org


ARGENTINE

Embassy of the Russian Federation in Buenos Aires, Argentina

http://www.embajadarusia.org.ar

 

 

 

Les Amis de Kark Marx 

Notre but : la révolution

Monsieur l’Ambassadeur de Russie

40, Boulevard de Lannes

75116 PARIS 16

 

Boucau le 25 octobre 2005

Monsieur l’Ambassadeur,

Vladimir Poutine vient de décider que le mausolée de LENINE serait définitivement fermé le 7 novembre 2005 et que la dépouille mortelle du fondateur de l’UNION SOVIETIQUE serait extirpée de son tombeau à cette date anniversaire de la REVOLUTION SOCIALISTE D’OCTOBRE 1917.

Cette attaque contre la mémoire de LENINE et de l’UNION SOVIETIQUE va de pair avec la tentative de substituer à la journée fériée prolétarienne du 7 NOVEMBRE (anniversaire d’OCTOBRE 1917) une prétendue " journée de réconciliation " qui sert surtout à réhabiliter l’armée blanche des aristocrates fauteurs de guerre civile et relais de l’impérialisme.

Nous tenons à vous exprimer toute notre indignation face à cette scandaleuse provocation, dont le seul but est d’humilier les communistes de l’ex-URSS, les révolutionnaires et les progressistes du monde entier, de bafouer la mémoire et la sépulture du plus grand révolutionnaire du 20ème siècle, d’entacher d’un goût de défaite la date anniversaire d’OCTOBRE, d’accélérer l’offensive du pouvoir russe contre ce qui subsiste des acquis sociaux de l’URSS à l’heure où les travailleurs russes mesurent de mieux en mieux les acquis perdus de l’époque soviétique.

Cette décision, célébrée par toute la réaction occidentale, est un crime contre la nation russe car elle sépare ce pays de ses alliés naturels à l’étranger au moment où l’Europe capitaliste et l’impérialisme US encerclent politiquement et militairement la Russie pour s’en partager les richesses.

Veuillez croire, Monsieur l’Ambassadeurs, que nous sommes fiers de combattre ceux que vous servez.

Vive LENINE ! Vivent les communistes russes !

 

Le président ,le secrétaire

André FAROPPA Daniel MAISONNAVE

 

Association " les amis de Karl Marx " 7, rue Maurice Perse – B.P. 59 – 64340 BOUCAU

*******

Centre de Documentation et de Recherches Marxistes

( C.D.R.M.)

135 Avenue Lacassagne 69003 Lyon France

www.encyclopedie-marxiste.com

20 Octobre 2005

 

Ambassade de Russie en France

40 / 50 boulevard Lannes

75116 Paris

 

A l’attention de M. Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie

aux bons soins de Monsieur l’Ambassadeur de Russie à Paris

 

 

 

Monsieur le Président,

Nous avons appris avec effroi, que vous et votre gouvernement envisageait de fermer le Mausolée de Lénine .

Nous tenons à protester, nous ne serions laisser faire cette acte profondément inhumain, depuis que l’homme est homme , il enterre et respecte la dépouille de ses congénères, inconnus ou célèbres.

Lénine, probablement le plus grand dirigeant de tous les temps du peuple russe, à fait de la Russie tsariste et arriérée, un pays moderne.

 

Nous vous demandons, ainsi qu’a votre gouvernement d’annuler purement et simplement ce projet.

  

Veuillez agréer, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses pour votre pays et votre peuple.

Stéphane Dubois,

Président du CDRM

 

Copie à Désiré Marle, Président du CISC 

*******

Georges Hagedéputé du Nord

doyen de l’Assemblée nationale française l

Lettre ouverte à M. Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie

aux bons soins de Monsieur l’Ambassadeur de Russie à Paris

copie à

M. Alain Bocquet, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale

MM. les secrétaires généraux des Partis se réclamant du communisme en Russie et dans les autres Républiques de l’ex-URSS ;

Aux médias russes et français ;

M. Désiré Marle, président du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe

Monsieur le Président,

alerté par le Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe, dont je suis membre d’honneur aux côtés de Margot Honecker, Mumia Abu-Jamal et Henri Alleg, je suis certain de traduire l’indignation de centaines de milliers de travailleurs, de communistes, d’internationalistes et de progressistes français, en m’insurgeant contre la décision prise par les autorités russes d’expulser la dépouille mortelle de Lénine du mausolée de la Place rouge, qui plus est... à l’occasion du 88ème anniversaire de la Révolution socialiste d’Octobre 1917 !

Nul ne peut être dupe des prétextes invoqués pour cette sinistre opération, qui attente, non seulement aux valeurs du peuple russe, mais à l’héritage de toute l’humanité progressiste..

Quoi qu’on pense de la manière dont la Russie soviétique décida en 1924 d’honorer un militant et un chef d’Etat vénéré par les ouvriers et les paysans russes, l’attentat contre la dépouille mortelle de V. I. Oulianov ne relève en rien d’une quelconque volonté de respecter sa mémoire : il s’agit au contraire de satisfaire la volonté revancharde de la contre-révolution anticommuniste et antisoviétique provisoirement triomphante dans votre pays. L’objectif des forces de réaction est d’extirper Lénine, Octobre 1917, l’URSS et le communisme de la mémoire du peuple russe dans le but de sceller la restauration de l’exploitation capitaliste, de donner de nouveaux gages à la réaction mondiale, d’accentuer l’offensive néo-libérale poursuivie par votre gouvernement contre les derniers acquis sociaux hérités de l’ère soviétique, de donner un nouveau signal pour l’offensive mondiale contre les travailleurs du monde entier.

Il en va de même de l’entreprise négationniste consistant à substituer de prétendues " fêtes de la réconciliation nationale" au traditionnel jour férié prolétarien du 7 novembre. Dois-je rappeler au membre du PCUS que vous fûtes qu’Octobre 17 fut une immense victoire du prolétariat russe et international (la communiste française Jeanne Labourbe y laissa la vie et la mutinerie de la Flotte française de la Mer noire rendit impossible la poursuite de l’intervention impérialiste française aux côtés des Blancs) et non une grande date de la réconciliation entre, d’une part, les ouvriers et paysans rouges et, d’autre part, les Blancs au service du capital, de l’impérialisme et des propriétaires fonciers ? J’observe d’ailleurs qu’au moment même où il chasse le corps de Lénine du mausolée, l’Etat que vous présidez s’agenouille devant le général blanc Denikine, et cela après avoir célébré en grandes pompes il y a quelques années Nicolas II, le tsar que chassa la révolution populaire de février 1917 ? La " réconciliation " n’est donc qu’un camouflage hypocrite pour masquer le vrai but des autorités actuelles : humilier les descendants des Rouges, c’est-à-dire la Russie ouvrière et paysanne, provoquer le Mouvement ouvrier international, tout en réhabilitant la Russie blanche des aristocrates, serviteurs de l’impérialisme occidental et précurseurs de ces " nouveaux Russes " qui étalent leurs richesses à Monte-Carlo pendant que des milliers de travailleurs et de retraités russes vivent dans un terrible dénuement. Pour parfaire leur tentative de brouillage idéologique, les autorités " post-soviétiques " auront-elles le front d’exhumer le corps de Lénine au son de l’ancien hymne soviétique, totalement vidé de son sens, et du drapeau rouge, redevenu drapeau de l’armée russe mais privé de la signification de classe anti-impérialiste et antifasciste qu’il avait à Koursk, à Leningrad et à Stalingrad ?

 

En bafouant le corps et la mémoire du grand Lénine, les forces de contre-révolution veulent puérilement exorciser sept décennies de socialisme. Cette première expérience socialiste de l’histoire, dont nous connaissons les ombres sans cesser d’en revendiquer les grandes lumières, avait fait de la Russie soviétique une puissance progressiste planétaire, victorieuse du nazisme, tenant tête à l’impérialisme américain, défendant la paix mondiale et l’émancipation des peuples, imposant par sa seule existence aux capitalistes occidentaux de faire des concessions aux travailleurs de leurs pays respectifs, un Etat multinational garantissant à ses citoyens le plein emploi, le droit aux soins médicaux, au logement et à l’éducation, leur assurant un haut niveau scientifique, artistique et culturel, donnant à la Russie un prestige international qu’a totalement dilapidé le régime " post-soviétique " actuel. En réalité, il aura fallu plusieurs interventions impérialistes contre la Russie soviétique, il aura fallu une accablante course aux armements imposée à l’URSS par le complexe militaro-industriel américain, il aura fallu la menace nucléaire permanente des Truman, Nixon, Reagan, Bush Senior et Cie contre le prétendu " Empire du mal ", il aura fallu le renfort et la trahison de hauts dirigeants bureaucratisés et dé-communisés, pour défaire cet Etat multinational, démolir le camp socialiste, araser les acquis populaires et livrer l’humanité tout entière à l’actuelle re-mondialisation du capitalisme le plus sauvage !

Mais l’attentat programmé contre la dépouille mortelle de Lénine n’est pas seulement un coup honteux contre les travailleurs et les peuples du monde entier : c’est aussi un mauvais coup contre la nation russe elle-même. Bien que ses gouvernants successifs aient renié le socialisme, les Etats impérialistes " installés " n’entendent pas faire la moindre place à la " Russie post-soviétique " dans le nouveau partage du monde. A l’Ouest de la Russie, les dirigeants capitalistes de l’Union européenne expansionniste poussent les feux de prétendues " révolutions oranges " sous influence dans le but de détacher de la Russie ses voisins occidentaux ; dans les pays baltes phagocytés par l’UE et l’OTAN, les populations russophones sont discriminées ; au Sud de la Russie, dans les ex-Républiques soviétiques d’Orient, l’impérialisme U.S. a installé une série de bases militaires tournées contre la Chine, l’Inde et la Russie. Bref, alors que Gorbatchev prétendait " réconcilier " la Russie et l’Occident en renonçant au socialisme, la Russie capitaliste est plus encerclée et menacée militairement que jamais ! Le Mouvement ouvrier international, les forces anti-impérialistes du monde entier sont évidemment vigilantes contre ces manoeuvres anti-russes lourdes de dangers pour toute l’humanité. Dès lors, est-ce en violant la sépulture de Lénine, l’immortel auteur de l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, est-ce en bafouant la mémoire du pionnier des luttes anti-impérialistes au 20ème siècle, que vous aiderez les forces pacifiques et internationalistes du monde entier à voir clair sur la menace politico-militaire qui pèse sur votre pays ?

Au final, ce n’est pas la mémoire de Lénine que les hommes provisoires de la contre-révolution parviendraient à salir en violant la sépulture de Lénine. Economiste, philosophe, théoricien politique, personnalité de l’histoire russe de loin la plus célèbre, figure centrale de la révolution prolétarienne, de l’Internationale Communiste et de l’histoire mondiale du 20ème siècle, Lénine est un géant de l’histoire que les méprisables attaques dont il est la cible post mortem ne peuvent que grandir encore dans l’esprit de tous ceux qui résistent à la mondialisation capitaliste et à ses relais moscovites. L’acharnement, tout à la fois odieux et dérisoire, mis par la réaction à attaquer sa mémoire et sa dépouille mortelle prouve combien Lénine, même mort, continue à juste titre d’effrayer la réaction. En mettant à exécution leur lugubre menace d’expulser le corps de Lénine du mausolée, les fossoyeurs du socialisme achèveraient de se démasquer. En violant la sépulture d’Oulianov, en piétinant le respect dû aux défunts, cet acquis fondateur de l’humanité civilisée, les leaders de l’Etat post-soviétique et leurs supporteurs occidentaux ne pourraient qu’étaler au grand jour leurs tropismes barbares. Quant aux peuples, puissent-ils toujours mieux comprendre l’actualité de ce léninisme qu’on ne cesse de tuer périodiquement parce qu’il demeure la principale arme théorique et pratique à la disposition des exploités pour venir à bout d’un système capitaliste pourrissant, qui mène l’humanité à la barbarie, à l’indignité et à la mort !

A défaut de respecter vos engagements de jeunesse et les serments solennels que vous prêtâtes jadis à l’URSS et à son fondateur, j’ose encore espérer que vous comprendrez à temps combien l’opération lugubre que vous méditez serait nuisible à votre gouvernement et à votre Etat.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mon profond respect pour le peuple russe, un peuple qui, sous l’impulsion de Lénine, a donné plus que tout autre au 20ème siècle pour la cause de la paix, de l’émancipation ouvrière, de la libération nationale et du socialisme.

Georges HAGE

*************************************************************************************************

 

UN OUVRAGE PASSIONANT SUR SUR LES CAUSES DE LA CHUTE DE L'URSS

Dans Heroic Struggle, Bitter Defeat (Lutte Héroîque, Défaite Amère, International Publishers, New York, 2003) Bahman Azad, du PCUSA, s'interroge sur les raisons, tant internes qu'externes, de l’effondrement de l'Union Soviétique. Après avoir rappelé ces dernières (les agressions fasciste et capitaliste, la course aux armements, le poids de la solidarité internationaliste et la trahison chinoise) il invoque, tout comme Moshe Lewin (Le Siècle Soviétique, 2003) la confusion des rôles entre le Parti et l'Etat pendant la période d'industrialisation rapide (1928-1945). En effet, vu l’urgence de cette politique, le Parti avait été amené à prendre en main ce processus. Or, vu la complexité de la nouvelle économie et la persistance de l'état de guerre (froide) après 1945, il ne put jamais s’en désengager (exemple significatif, le Congrès du Parti ne fut jamais convoqué entre 1939 et 1952).

Dans la période suivante, le XXe Congrès se contenta de rejeter toute faute sur 'le culte de la personnalité de Staline' sans chercher à approfondir. De nouveaux problèmes surgirent, relatifs cette fois à la politique économique : Azad relève la contradiction croissante entre les salaires, en augmentation constante à la fin des années soixante, et la stagnation du salaire social (espace de logement, équipement en eau et chauffage central) ainsi que du manque relatif d'articles de consommation, qui eurent pour effet d'encourager le système D, la corruption et les détournements .. aux dépens de l'importance du travail, l’une des grandes forces de l'URSS. Dans un même ordre d’idées, il incrimine le nivellement des écarts de salaire à ce stade, socialiste et non encore communiste, au profit de l'agriculture par rapport à l'industrie et des kolkhozes par rapport aux sovkhozes.

 

Tout comme Georges Gastaud (« EtincelleS » n° 9, 2005) il blâme également le subjectivisme politique du XXIe Congrès qui, confondant socialisme et communisme, brûla les étapes, annonçant déjà la période de l'édification complète de la société communiste et donc la transition de 'à chacun selon son travail' à 'à chacun selon ses besoins' .... en l'absence d'une productivité suffisante du travail. Le XXIIe Congrès avalisa le passage de l'état prolétaire à 'l'etat du peuple tout entier' qui, sous-entendant qu'il n'y avait plus qu'une classe sociale aux intérêts uniques, ne correspondait pas à l'état réel des choses. La classe ouvrière perdait ainsi son hégémonie historique. Dans ces conditions, il était impossible de s'opposer aux couches bureaucratiques et technocratiques qui contrôlaient de plus en plus l'appareil d'état. Celles-ci encourageaient par exemple la survie de secteurs économiques non productifs pour maintenir leurs positions, ce qui entraîna à terme la stagnation brejnévienne. Ces couches investirent en masse le Parti entre le XXe et le XXIIe Congrès. Ce dernier reflétait également les vues de ces couches pour ce qui est de la politique étrangère : dans cette optique le capitalisme avait été affaibli, le système colonial s'était totalement désintégré et un monde entièrement socialiste était en vue ... Les relations entre pays socialistes devinrent des relations d'états amis, où tous se félicitaient que 'tout allait pour